Je filme cette vidéo directement depuis le chantier de la phase 5 à Koh Samui. Huit villas sur environ 4000 m², un projet que je développe moi-même. Brian, qui visite le chantier avec moi, m'a posé une question que j'entends souvent : pourquoi est-ce que j'investis encore chez des promoteurs immobiliers alors que je suis moi-même promoteur ? C'est une excellente question, et elle touche à une idée reçue qui coûte cher à beaucoup d'investisseurs. Construire sa villa en Thaïlande soi-même, c'est généralement présenté comme le moyen d'économiser la marge du promoteur. Après des années à faire les deux, je vais vous montrer pourquoi ce raisonnement est souvent faux, chiffres à l'appui.
La personnalisation et le plaisir de construire, les vrais arguments pour la construction solo
Soyons honnêtes sur ce que la construction personnelle offre de réel. La personnalisation totale est indéniable. Si vous voulez un design qui vous ressemble, une architecture atypique, une maison dans laquelle vous avez envie de vivre plutôt qu'un pur produit d'investissement, construire soi-même a du sens. Il y a aussi le plaisir de voir son projet pousser de zéro, de faire des choix à chaque étape, de mettre de l'âme dans quelque chose.
Ce que j'observe chez les promoteurs, brochure et track record inclus, c'est souvent des produits très bien optimisés pour la rentabilité locative, mais avec peu de marge pour l'expression personnelle. Donc si votre objectif est d'habiter sur place, de créer quelque chose d'unique, la construction solo reste légitime. Mais si votre objectif est financier, la comparaison est beaucoup moins flatteuse pour le solo.
Le terrain : vous payez le double au mètre carré quand vous achetez seul
C'est le premier point que je veux enfoncer parce qu'il est systématiquement sous-estimé. Quand vous achetez une parcelle de 400 m² pour construire votre villa à Koh Samui ou Phuket, vous payez le mètre carré terrain au prix de détail. Un promoteur qui achète 4000 m² d'un coup pour lancer huit villas en même temps paie ce mètre carré pratiquement deux fois moins cher. Ce n'est pas une estimation vague : sur mes propres projets, j'observe ce ratio systématiquement.
Pensez-y en termes simples : le propriétaire vendeur préfère céder un bloc entier à un seul acheteur solvable plutôt que de découper et gérer plusieurs transactions. Il accepte une décote importante pour ça. Résultat, avant même de commencer à construire, votre coût de revient au mètre carré est déjà structurellement plus élevé que celui du promoteur.
Les économies d'échelle sur la construction que vous ne pouvez pas reproduire seul
Le terrain, c'est le premier effet d'échelle. La construction en est un deuxième, encore plus important. Quand vous engagez une société de construction pour une villa unique, cette société mobilise ses équipes, son équipement et ses matériaux uniquement pour vous. Elle n'a aucune raison de vous offrir ses meilleurs tarifs.
Sur mon chantier de la phase 5, la société de construction qui gère huit villas simultanément obtient des conditions que vous n'aurez jamais en individuel. Même logique pour les infrastructures partagées :
Le forage pour l'eau alimente l'ensemble du projet, pas une seule parcelle. Le transformateur électrique - comptez entre 500 000 et 1 million de bahts, soit environ 25 000 euros - est réparti sur huit lots au lieu de peser sur un seul propriétaire. Les murs de séparation entre villas sont mitoyens : un mur travaille pour deux maisons. La route d'accès dessert huit villas pour le prix d'une.
Chacun de ces postes représente un coût fixe que vous absorbez seul quand vous construisez en solo. Mis bout à bout, ils changent radicalement l'équation financière.
Le conflit d'intérêt avec la société de construction : le risque que personne ne vous explique
C'est le point que je considère comme le plus dangereux dans la construction solo, et c'est aussi celui dont on parle le moins. Quand vous engagez une société de construction sur la base d'un prix au mètre carré, disons 20 000 bahts/m² pour 300 m² de construction, vous êtes à 6 millions de bahts de budget. La société a signé pour ce montant. Elle va maintenant chercher à maximiser sa marge, c'est-à-dire minimiser ses dépenses sur chaque poste.
Le problème, c'est que la liste des éléments dans une villa est extrêmement longue. L'épaisseur des aciers, le type de briques, la colle de carrelage, les isolants, l'épaisseur des fenêtres, les matériaux de finition... Tout ce que vous n'avez pas explicitement contractualisé sera choisi au moins-disant par le contracteur. Pas par malice : par logique économique pure. Si personne ne vérifie et que rien n'est listé, pourquoi utiliser la colle de carrelage à 800 bahts quand celle à 200 bahts fait le même effet visuel le jour de la remise des clés ?
Quand vous achetez chez un promoteur avec un vrai track record, ce conflit d'intérêt est géré différemment. Le promoteur a sa réputation à défendre. Il vous remet une brochure, une liste de matériaux contractualisée. Sur mon projet de la phase 5, j'ai directement engagé les équipes de construction : c'est moi qui achète les matériaux, pas le contracteur. Ce n'est pas impossible à reproduire en solo, mais c'est d'une complexité redoutable pour quelqu'un qui n'a pas d'expérience de chantier sur ce marché.
Risque promoteur vs risque construction solo : deux profils de risque très différents
Je veux être honnête sur les deux côtés. La construction solo n'est pas sans avantages sur le plan du risque.
Quand vous construisez vous-même, vous sécurisez d'abord le terrain, puis vous financez la construction au fur et à mesure. Vous pouvez changer de société de construction en cours de route si ça se passe mal. Vous avez un contrôle direct sur ce qui se passe.
Chez un promoteur, le scénario catastrophique existe : vous avez déjà effectué des paiements, le terrain n'a pas encore été transféré à votre nom, la construction n'a pas commencé, et le promoteur fait faillite. Vous vous retrouvez avec absolument rien. Ce risque est réel et je ne vais pas le minimiser.
La différence, c'est la nature du risque. En construction solo, vous avez beaucoup de petits risques étalés dans le temps - problèmes de chantier, conflit avec le contracteur, malfaçons, retards. Chez un promoteur sérieux avec un historique vérifiable, le risque quotidien est faible mais le risque extrême, s'il se matérialise, est total. C'est pourquoi la sélection du promoteur - track record, solidité financière, vérification des titres fonciers auprès du Department of Lands - est absolument non négociable.
La revente : pourquoi un bien promoteur se revend plus facilement
Un élément que j'ai vécu directement à Phuket et que les calculateurs de rentabilité ne capturent pas : la facilité de revente.
Quand vous revendez un bien issu d'un promoteur qui a un portefeuille connu, une marque, une brochure professionnelle, vous avez un dossier à présenter à l'acheteur. Il peut voir les projets précédents, les photos, les avis. Il a un point de référence. La transaction est rassurante.
Quand vous revendez une villa construite à titre personnel, vous revendez quelque chose d'unique sans référence de marché comparable. Ce n'est pas insurmontable, mais ça allonge les délais, ça complique la valorisation et ça réduit votre bassin d'acheteurs potentiels. Pour des investisseurs qui veulent de la liquidité, c'est un vrai point de friction.
Pourquoi je continue d'investir chez des promoteurs même en sachant tout faire moi-même
Ma position est simple et elle découle de tout ce qui précède. Je n'aurais pas le temps de superviser chaque projet de A à Z si j'agissais uniquement en solo. La gestion d'un chantier en Thaïlande requiert une présence permanente, une connaissance des fournisseurs locaux, une maîtrise des détails techniques. Je l'ai sur mes propres projets parce que c'est mon métier.
Mais là où un promoteur sérieux absorbe les économies d'échelle sur le terrain et la construction, gère le conflit d'intérêt avec les équipes, et offre un produit déjà testé sur le marché locatif, il m'offre une efficacité que je ne peux pas reproduire à titre individuel sur chaque investissement. J'ai comparé les chiffres. Sur certains projets, acheter chez un promoteur m'a coûté moins cher en coût de revient réel que si j'avais tout géré seul, une fois les économies d'échelle terrain, infrastructure et construction consolidées.
Ce n'est pas une règle absolue. Tout dépend du promoteur, du marché, du timing. Mais l'idée que "construire seul coûte forcément moins cher" est, dans la majorité des cas que j'ai analysés, une idée reçue qui coûte cher à ceux qui ne creusent pas les chiffres.
Pour aller plus loin sur la fiscalité applicable à vos revenus locatifs en Thaïlande, je vous recommande de consulter le Thai Revenue Department, et pour les questions de structure d'investissement liées au Board of Investment, le BOI Thailand publie régulièrement les dispositifs ouverts aux étrangers.
Si vous voulez voir le chantier en direct et entendre l'intégralité de la discussion avec Brian, j'ai mis la vidéo complète en ligne :
Voir la vidéo : Construire soi-même ou investir chez un promoteur
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