La question revient dans chaque conversation que j'ai avec des investisseurs qui s'intéressent à la Thaïlande : faut-il investir Samui ou Phuket ? J'ai une position particulière pour y répondre parce que j'ai investi dans les deux îles et je gère une société de gestion locative qui me donne une visibilité directe sur les revenus réels, les problèmes terrain et la qualité des clientèles. Ce que je vais vous partager ici n'est pas de la théorie. C'est ce que j'observe chaque mois sur les deux marchés.

La réponse courte : les deux îles ont du sens selon votre profil. Mais la vraie réponse exige qu'on regarde les chiffres, les mécanismes et les réalités opérationnelles en face.

Niveau de prix et rentabilité villa Thaïlande : l'écart de 3 points qui explique tout

Le premier critère à comprendre, c'est le lien direct entre prix et rentabilité. À Samui, la rentabilité moyenne sur les villas tourne autour de 10 % par an. À Phuket, on est à 7 %. Ces 3 points d'écart ne sont pas anodins.

Pour illustrer concrètement : imaginez une villa qui génère 100 000 bahts par mois de revenus locatifs. Sur douze mois, moins un mois d'agence, ça donne environ 1,1 million de bahts de revenus nets annuels. À Samui, cette villa vaut environ 11 millions de bahts pour atteindre ce 10 % de rendement. À Phuket, la même villa avec les mêmes revenus sera valorisée entre 15 et 16 millions de bahts, ce qui correspond au 7 % moyen du marché.

C'est mécanique. Plus le marché est mature, plus les prix sont élevés, plus la rentabilité est comprimée. Si vous voulez un repère encore plus parlant : en Suisse, un bien qui génère 100 000 bahts par mois - soit environ 2 500 francs suisses - vaut facilement plus d'un million d'euros. On parle ici de biens à 300 000 à 450 000 euros en Thaïlande. L'écart avec l'Europe reste considérable, quelle que soit l'île choisie.

Ce que cette mécanique implique directement : Samui offre plus de rendement, mais Phuket offre des prix plus prévisibles parce que le marché est plus liquide et mieux structuré.

Sécurité de l'investissement : pourquoi Phuket dort mieux la nuit

Quand je parle de sécurité ici, je ne parle pas de la rue. Je parle de la sécurité de votre capital.

Phuket dispose d'un aéroport international avec des vols directs depuis le Moyen-Orient, l'Europe et l'Asie. Des Boeing chargés de touristes atterrissent toutes les heures. Résultat : 14 millions de touristes par an. À Samui, on est à 3,5 millions. L'accès à Koh Samui passe quasi exclusivement par Bangkok Airways, avec des petits appareils, des escales à Bangkok, sans option de vol en classe affaire internationale digne de ce nom. Pour attirer un Emirati ou une clientèle asiatique haut de gamme qui voyage en première classe, Samui n'est tout simplement pas sur la route.

Ce différentiel d'accès explique aussi le type d'infrastructure que Phuket a développé : plusieurs ports à yachts, des centres commerciaux avec des marques de luxe, des routes larges et bien entretenues. Vous pouvez y conduire une Porsche sans risquer votre moteur à chaque virage. À Samui, les routes sont plus sauvages, l'île est connectée par ferry au continent, les ressources arrivent différemment.

Phuket a aussi des projets de développement concrets à l'horizon : une piste de Formule 1 est discutée sérieusement, des concours hippiques sont envisagés, de nouveaux ports à yachts sont planifiés. Ce n'est pas de la spéculation : c'est une direction claire vers le marché international haut de gamme. À Phuket, il y aura toujours des locataires qui ont les moyens de payer le prix demandé. C'est cette visibilité qui justifie une rentabilité plus basse.

Opportunités d'achat revente Koh Samui : le marché des pépites

Le marché non standardisé de Samui est un défaut si vous cherchez de la liquidité. C'est un avantage considérable si vous cherchez des opportunités.

Voilà ce que j'observe concrètement : dans le même quartier de Koh Samui, deux villas similaires peuvent afficher 8 millions de bahts et 12 millions de bahts. Ce n'est pas une anomalie, c'est la réalité d'un marché qui n'a pas encore atteint la maturité de Phuket. Les prix ne sont pas stabilisés autour d'une rentabilité cible commune. Une villa peut afficher 15 % de rendement locatif quand sa voisine tourne à 7 %. Cet écart, à Phuket, n'existe pratiquement plus.

Ce que ça signifie en pratique : si vous savez lire un marché, si vous connaissez les vrais niveaux de revenus locatifs et les vrais prix de construction, vous pouvez identifier des affaires réelles à Samui. J'ai vu des offres avec un fort potentiel de rendement rester disponibles 4 à 5 mois sur le marché à Samui. À Phuket, une bonne affaire est généralement captée en quelques semaines, parfois en quelques jours.

Pour une stratégie achat revente avec plus-value, Samui offre clairement plus de marge de manoeuvre : trouver un bien sous-valorisé, le finir ou le rénover, le meubler correctement, le mettre en location et le revendre avec une plus-value significative. Ce cycle est plus fréquent et plus accessible à Samui qu'à Phuket aujourd'hui.

Qualité de la clientèle locative : ce que les chiffres ne disent pas

C'est un sujet que les analyses en ligne n'abordent jamais, et pourtant c'est l'un des facteurs qui impacte le plus votre quotidien d'investisseur.

Via ma société de gestion, j'ai une vue directe sur le comportement des locataires dans les deux îles. Le constat est net : on enregistre beaucoup plus de dégâts, de manque de respect envers le personnel et de réclamations à Phuket qu'à Samui. La clientèle de Phuket est plus aisée, elle paie plus cher, mais elle est aussi beaucoup plus exigeante et moins tolérante face aux aléas du quotidien thaïlandais.

Les coupures d'électricité, les coupures d'eau, les insectes qui entrent par les fenêtres ouvertes : en Thaïlande, ça arrive. À Samui, la clientèle - plus familiale, plus de couples, plus de groupes d'amis dans un esprit nature et tranquillité - s'adapte sans faire de vague. À Phuket, la même situation peut déclencher des réclamations, des demandes de remboursement, des tensions avec le staff.

Ce n'est pas un jugement de valeur sur les touristes. C'est une réalité opérationnelle. Si vous gérez vous-même votre villa ou si vous avez une petite structure de gestion, la différence de stress entre les deux marchés est réelle. Phuket est plus rémunérateur mais plus exigeant à gérer. Samui est plus serein opérationnellement.

Liquidité du marché : à quelle vitesse pouvez-vous sortir ?

La liquidité est souvent le critère oublié. On pense rendement, on pense prix d'achat, mais rarement à la vitesse à laquelle on peut revendre si les conditions changent.

Phuket est nettement plus liquide. La demande internationale est constante, les acheteurs sont nombreux, les prix sont lisibles par le marché. Si vous devez sortir rapidement d'un investissement à Phuket, vous avez des options. Le bien sera visible, compris et valorisé correctement par les acheteurs potentiels.

À Samui, la liquidité est plus faible. Les acheteurs sont moins nombreux, le marché est moins international. Une villa peut rester disponible plusieurs mois avant de trouver preneur, même à un bon prix. C'est le revers direct du marché moins mature. Pour un investisseur qui cherche à sécuriser du capital sur le long terme avec une exit rapide possible, c'est un point de vigilance sérieux.

La Thai Revenue Department et le Thai Department of Lands publient des données sur les transactions immobilières qui confirment cette différence de volume entre les deux marchés.

Quel profil d'investisseur pour quelle île ?

Après plusieurs projets dans les deux îles, voici la grille de lecture que j'applique.

Phuket correspond à l'investisseur qui cherche avant tout la sécurité du capital. Il accepte un rendement à 7 % en échange d'une visibilité forte sur la demande locative, d'une liquidité correcte à la revente et d'un marché international bien structuré. Il ne veut pas passer du temps à débusquer des pépites. Il veut acheter un actif solide, le louer à une clientèle solvable et dormir tranquille. C'est aussi le bon choix pour quelqu'un qui investit à distance et qui ne peut pas se permettre de passer du temps sur le terrain.

Samui correspond à l'investisseur plus actif, prêt à faire le travail de sélection, capable de lire un marché non standardisé et d'identifier les bons niveaux de prix. Il cherche un rendement supérieur, 10 % en moyenne et parfois jusqu'à 15 % sur les meilleures opportunités. Il est à l'aise avec une liquidité plus faible à la revente et avec un marché encore en développement. Il a une vraie tolérance au risque, pas comme un pari, mais comme un investissement dans un marché qui n'a pas encore atteint sa maturité.

Pour ma part, j'investis dans les deux îles. Pas pour diversifier pour diversifier, mais parce que les opportunités que je vois à Samui méritent d'être saisies, et parce que Phuket reste ma base de sécurité patrimoniale. La vraie question n'est pas quelle île est meilleure. La vraie question est quel investisseur vous êtes.

La Bank of Thailand publie régulièrement des données sur les flux d'investissements étrangers en immobilier qui permettent de suivre l'évolution de ces deux marchés sur la durée.

Ce que j'aurais voulu savoir avant de comparer les deux marchés

La rentabilité brute ne veut rien dire sans le contexte. Un 10 % à Samui peut cacher un bien trop cher acheté dans un quartier surévalué, une gestion locative difficile ou une liquidité quasi nulle à la revente. Un 7 % à Phuket peut au contraire correspondre à un actif solide, bien loué toute l'année, revendable rapidement si nécessaire.

Ce que j'ai appris en investissant dans les deux îles, c'est que comparer des chiffres de rendement bruts sans comprendre les mécaniques du marché local, c'est prendre de mauvaises décisions. Soit on surpaie à Phuket en croyant acheter de la sécurité, soit on sous-estime les risques à Samui en courant après un rendement que la réalité terrain ne confirme pas.

Les bons investissements que j'ai faits dans les deux îles reposaient tous sur la même base : comprendre le vrai niveau de revenus locatifs d'une zone précise, connaître les prix de construction, identifier les écarts de valorisation et agir vite quand une opportunité est identifiée. Ni théorie, ni hype. Juste du travail terrain.

Pour aller plus loin sur le cadre réglementaire applicable aux investisseurs étrangers en Thaïlande, le BOI Thailand publie les dispositifs d'incitation disponibles selon le profil d'investissement.

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Questions frequentes

Quelle est la rentabilité moyenne d'une villa à Samui et à Phuket ?
D'après mon expérience et les données de ma société de gestion, la rentabilité moyenne tourne autour de 10 % par an à Samui et de 7 % à Phuket. Cet écart s'explique directement par la maturité du marché : Phuket est plus développé, plus connu internationalement, ce qui fait monter les prix et comprimer les rendements. Ce ne sont pas des chiffres marketing, ce sont les moyennes que j'observe sur les villas que je gère et que je suis dans les deux îles.
Peut-on faire de l'achat revente avec plus-value à Koh Samui ?
Oui, et c'est même l'une des stratégies les plus pertinentes à Samui aujourd'hui. Le marché n'est pas encore standardisé : deux villas similaires dans le même quartier peuvent afficher des prix très différents. Trouver un bien sous-valorisé, le rénover ou le terminer, le meubler et le mettre en location avant de le revendre est une opération que l'on peut structurer à Samui avec des marges intéressantes. J'ai vu de très bonnes offres rester disponibles 4 à 5 mois sur le marché, ce qui serait impossible à Phuket.
Phuket est-il vraiment plus sûr comme investissement ?
Oui, dans le sens de la sécurité du capital et de la visibilité sur la demande locative. L'aéroport international de Phuket avec ses 14 millions de touristes annuels, ses infrastructures de luxe et ses projets de développement futurs garantissent une demande continue. Il y aura toujours des locataires solvables pour votre villa à Phuket. À Samui, la dépendance à Bangkok Airways et les 3,5 millions de touristes annuels créent une vulnérabilité structurelle que Phuket n'a pas.
La gestion locative est-elle plus facile à Samui qu'à Phuket ?
De mon expérience opérationnelle, oui. La clientèle de Samui est plus familiale, plus flexible face aux aléas du quotidien thaïlandais - coupures d'eau, d'électricité, insectes. Elle génère moins de dégâts et moins de réclamations. À Phuket, la clientèle est plus aisée mais aussi beaucoup plus exigeante. On enregistre plus d'incidents avec le personnel et plus de demandes de remboursement. Ce n'est pas une raison de ne pas investir à Phuket, mais c'est un facteur opérationnel réel à intégrer dans votre calcul.
Comment choisir entre Samui et Phuket selon mon profil d'investisseur ?
Si vous cherchez la sécurité patrimoniale, un marché liquide et un actif revendable rapidement, Phuket est votre île. Si vous êtes prêt à faire le travail de terrain pour identifier des opportunités dans un marché encore en développement et que vous visez un rendement supérieur à 10 %, Samui offre des possibilités que Phuket ne peut plus proposer aujourd'hui. Les deux approches sont valides. Ce qui est dangereux, c'est de choisir une île sans comprendre les mécaniques qui sous-tendent ses chiffres de rendement.
Cyril Vallotton, conseiller en investissement immobilier en Thaïlande
Cyril Vallotton
Investisseur Immobilier · Conseiller · Phuket & Koh Samui

Cyril Vallotton investit et conseille dans l'immobilier locatif à Phuket et Koh Samui. Il accompagne les investisseurs dans les mêmes démarches qu'il entreprend pour lui-même : étude de marché, sélection du bien, analyse de chantier, design orienté demande, mise en location. Une approche fondée sur l'expérience directe du marché, pas sur la théorie.