Quand je suis arrivé à Koh Samui pendant le Covid, j'ai fait ce que font la plupart des investisseurs sérieux : j'ai scanné toutes les zones de l'île, une par une. Maenam, Lamai, Chaweng, Bophut, Plai Laem, Choeng Mon. Et assez vite, une logique s'est imposée à moi, pas un quartier, une logique. Investir vue mer Koh Samui, c'est la stratégie que j'ai retenue, et dans les lignes qui suivent je vais vous expliquer exactement pourquoi cette approche surpasse celle des biens murés, tant sur la rentabilité locative que sur la capitalisation long terme.
Pourquoi la vue mer est une classe d'actif à part
Ce n'est pas une question de goût ou d'esthétique. C'est une question de rareté structurelle.
Il y a quasiment plus de terrain avec vue mer disponible dans le nord-est de l'île. Les quelques parcelles restantes atteignent aujourd'hui 15 à 16 millions de bahts le rai. J'ai en tête un exemple concret : un terrain de 12 rai encore disponible dans ce secteur, à environ 180 millions de bahts. C'est le prix de la rareté quand elle devient extrême.
Et cette rareté produit un effet mécanique simple. Quand l'offre diminue et que la demande reste stable ou monte, les prix montent. Les villas vue mer dans le nord-est ont littéralement doublé depuis que je suis arrivé : elles valaient 3 à 3,5 millions de bahts, elles valent maintenant 6 millions. En 4 à 5 ans.
J'ai vu un investissement réaliser un quasi x20 en 2022. Sur le moment j'ai cru que c'était une folie. Ce n'en était pas une. C'était quelqu'un qui avait compris la logique de rareté avant tout le monde.
Capitalisation vs rentabilité locative : les deux tableaux du même jeu
Beaucoup d'investisseurs me posent la question en ces termes : "Cyril, la villa vue mer est deux fois plus chère à l'achat, mais je ne la loue pas deux fois plus cher, donc le rendement locatif brut est moins bon." C'est vrai sur le papier. Mais c'est une vision tronquée.
Le vrai jeu se joue sur deux tableaux en même temps. La rentabilité locative, oui. Mais aussi la capitalisation.
Une villa vue mer se revendra toujours plus cher et plus vite qu'une villa murée. Le terrain vue mer, lui, continuera de monter parce que l'offre diminue chaque année. Même si dans 20 ans la construction est vieillissante et qu'il faut rénover, le terrain vue mer est là, intact, et il vaut bien plus qu'au moment de l'achat. Ce n'est pas le cas d'une villa murée dans un secteur où l'offre a explosé.
Et sur la partie locative, les chiffres parlent d'eux-mêmes : certaines de nos villas vue mer haut de gamme à Choeng Mon et Chaweng Noi affichent 96 % de taux d'occupation, chiffre daté à la veille de ma conversation avec mon interlocuteur. Ce n'est pas un chiffre marketing. C'est le résultat d'un actif rare, bien positionné, et bien présenté.
Choeng Mon et Chaweng Noi : pourquoi j'ai choisi le nord-est
Quand j'ai scanné l'île, j'ai identifié trois grandes options pour les vues mer.
Le sud-ouest d'abord. Il y a de la disponibilité foncière, mais il y a peu d'activités, peu d'infrastructure, une attractivité locative limitée. Ce n'était pas mon choix.
Lamai ensuite. Des vues, oui. Mais une offre de construction qui a explosé. Résultat : aujourd'hui il y a plus d'offre que de demande à Lamai, les prix sont tirés vers le bas, et les biens ne se démarquent plus facilement. Une bonne vue jungle à Lamai peut s'approcher d'une bonne vue mer en valeur locative, sans jamais la dépasser. Mais la vue jungle ne bénéficie pas du même effet de rareté structurelle.
Le nord-est enfin, Choeng Mon, Plai Laem, Chaweng Noi. C'est là que j'ai concentré mes projets. Pourquoi ? Parce que l'infrastructure est là, la demande locative haut de gamme est là, et il n'y a quasiment plus de terrains vue mer disponibles. Ce qui restait quand je suis arrivé a été absorbé très vite. Et les prix reflètent cette tension entre une offre qui se contracte et une demande qui ne faiblit pas.
"Les riches, ils veulent des vues mer, ils veulent pas des vues murs et donc ils mettront toujours le budget pour des vues mer." C'est ma conviction de terrain, formulée simplement. Le client qui loue 500 ou 800 euros la nuit ne transige pas sur la vue. Il paie pour elle.
Maenam : la logique d'expansion que j'avais anticipée
Quand je suis arrivé, personne ne misait sur Maenam. Tout le monde disait "c'est trop tôt". Et c'était probablement vrai à l'époque.
Mais j'avais compris quelque chose : la logique de développement du nord-est rendait l'expansion vers Maenam inévitable. Quand Choeng Mon et Chaweng Noi sont saturés en foncier, les développeurs et les acheteurs se retournent vers ce qui suit géographiquement. Et ce qui suit, c'est Maenam.
La question n'était pas "si" mais "quand". Ceux qui ont eu le cran d'y aller tôt ont fait de très belles opérations. La différence avec le nord-est reste néanmoins celle-ci : à Maenam, il y a encore beaucoup de terrains disponibles, ce qui limite mécaniquement la pression haussière sur les prix. La rareté n'y est pas encore aussi structurelle qu'à Choeng Mon.
Ce n'est pas un jugement de valeur. C'est une analyse de marché. Et c'est pour ça que j'ai fait le choix du nord-est : la rareté y est déjà actée, pas encore à venir.
Finitions et ameublement : ce qui fait vraiment la différence sur le locatif
La vue mer crée la demande. Les finitions créent l'écart de prix et le taux d'occupation.
J'ai vu des projets vue mer économiser sur le carrelage, sur l'ameublement, sur les équipements. Le raisonnement est : "je construis moins cher, mon ROI brut est meilleur." En réalité, tout le monde raisonne pareil, et tout le monde se retrouve avec le même produit. Résultat : pas de différenciation, taux d'occupation moyen, prix de location contraint par la concurrence.
Sur un projet vue mer haut de gamme à Choeng Mon ou Chaweng Noi, investir dans un beau carrelage, dans un ameublement qui sort du lot, dans des finitions qui se voient sur les photos Airbnb et sur les avis clients, c'est ce qui justifie le prix de location élevé et qui pousse le taux d'occupation vers 96 %.
Maintenant, je suis honnête sur les arbitrages : si vous faites une villa murée dans un secteur intermédiaire, dépenser 30 000 euros en carrelage de luxe ne changera probablement pas votre ROI. Le niveau de finition doit être calibré à la typologie du projet et à sa position sur le marché. Ce n'est pas un absolu. C'est une décision qui s'analyse bien en amont.
La rareté foncière comme protection du capital
C'est le point que j'insiste le plus à expliquer aux investisseurs que j'accompagne.
Une villa murée dans un secteur où l'offre explose est un actif duplicable. N'importe quel promoteur peut en construire une autre à 200 mètres, avec les mêmes specs, et tirer vos prix de location vers le bas. Votre bien ne se démarque plus. Et à la revente, vous découvrez que votre capital a stagné pendant que le marché continuait d'avancer ailleurs.
Une villa vue mer dans le nord-est de Koh Samui repose sur un terrain qui, lui, ne peut pas être dupliqué. L'offre foncière vue mer diminue chaque année. Elle ne peut que se contracter. Et le Thai Department of Lands encadre strictement les classifications foncières : il n'y a pas de "nouvelles zones vue mer" qui vont s'ouvrir magiquement. Ce que vous voyez sur la carte aujourd'hui, c'est ce qu'il y a.
C'est cette asymétrie qui rend l'investissement vue mer structurellement supérieur sur 10 ou 20 ans. Votre villa vieillit : le terrain, lui, prend de la valeur.
Ce que vous risquez si vous choisissez la mauvaise logique
Je vais être direct, parce que c'est ce que j'observe sur le terrain depuis 5 ans.
Si vous investissez dans une villa murée dans une zone saturée en vous basant uniquement sur le rendement locatif brut annoncé par un promoteur, vous prenez trois risques simultanés. Un : quand l'offre augmente autour de vous, vos prix de location baissent. Deux : votre bien ne se démarque plus et votre taux d'occupation décroche. Trois : à la revente, votre capital a stagné parce qu'il n'y a pas de rareté pour soutenir la hausse.
Pendant ce temps, les terrains vue mer que vous aviez repérés sont partis et valent le double.
J'ai vu ce scénario se jouer à Lamai, où certains investisseurs se retrouvent aujourd'hui avec des biens corrects mais noyés dans une offre pléthorique. Ce n'est pas une catastrophe, mais c'est loin de la performance que promettait la présentation initiale.
La double performance, rentabilité locative solide et capitalisation, s'obtient quand l'actif est rare, bien positionné, et bien présenté. C'est cette combinaison que je cherche systématiquement, pour mes propres projets comme pour ceux que j'accompagne.
Pour aller plus loin sur le cadre fiscal et juridique de vos investissements en Thaïlande, le Thai Revenue Department publie les règles en vigueur pour les non-résidents, et la Bank of Thailand détaille les conditions de rapatriement des fonds étrangers, deux points à valider avant tout engagement.